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Maëva Leroy, lauréate 2026 du Prix Jeunes Talents France L'Oréal-UNESCO Pour Les Femmes et la Science

Distinction

Pour cette 20e édition du prix Jeunes Talents France 2026 Pour les femmes et la science, la Fondation L'Oréal, en partenariat avec l'Académie des sciences et la Commission nationale française pour l'Unesco, a récompensé trente-cinq jeunes scientifiques, dont Maëva Leroy, post-doctorante au laboratoire Écologie des forêts de Guyane (EcoFoG).

Maëva Leroy a grandi à la campagne, en Mayenne, développant très tôt un intérêt pour l'architecture et les sciences. Architecte de formation, elle exerce d'abord à Paris avant qu'un voyage en Amazonie ne la  tourne vers les éco-matériaux locaux. Installée en Guyane, elle y a mené une thèse visant à caractériser les propriétés de bois locaux de petit diamètre, au sein du laboratoire Écologie des forêts de Guyane (EcoFoG, AgroParisTech/CIRAD/CNRS/INRAE/Univ. de Guyane). Son objectif consiste à démontrer le potentiel structurel de ces arbres utilisés sous leur forme ronde, sans sciage, pour la construction durable. Elle a depuis fondé son entreprise et bâti un prototype expérimental.

Quels sont les enjeux de vos recherches et leurs applications ?

Mes recherches portent sur la caractérisation et la valorisation d'essences de bois locales guyanaises, jusqu'ici inexploitées dans le secteur de la construction tropicale. L'innovation repose sur l'utilisation d'arbres de faible diamètre sous leur forme ronde. Une fois écorcé, un tronc de 10 centimètres de diamètre révèle d'excellentes propriétés de rigidité et de résistance, permettant de remplacer en partie le bois scié pour réaliser des ossatures d'habitations ou des abris. À long terme, cette approche offre une alternative économique locale aux besoins d'infrastructures, tout en réduisant la pression d'exploitation sur les espèces commerciales principales.

Là où l'architecture se concentre sur la forme, j'aime interroger la matière.
Maëva Leroy

Pourquoi avez-vous choisi une carrière scientifique ?

En tant qu'architecte, j'ai ressenti le besoin d'acquérir une expertise scientifique rigoureuse sur le matériau avec lequel je construis, à savoir le bois. J'ai voulu dépasser la simple conception formelle pour interroger la matière, analyser pourquoi une essence est plus rigide qu'une autre et comprendre comment ses caractéristiques mécaniques influencent la structure globale. J'ai choisi la recherche pour apporter des réponses concrètes aux défis de la Guyane, confrontée à une forte demande en logements et à une forte dépendance aux matériaux d'importation, très émetteurs en carbone. La rencontre avec le laboratoire des sciences du bois de Kourou a été déterminante.

Dans votre parcours, avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme ?

Je n'ai pas le sentiment d'avoir rencontré de difficultés de genre. J'ai eu la chance d'évoluer dans des environnements bienveillants, sans me sentir traitée différemment d'un collègue masculin. Toutefois, c'est en travaillant dans des secteurs techniques et d'ingénierie encore très masculins, comme le bâtiment ou la construction bois, que je mesure le manque de représentation féminine. Cela peut parfois générer un sentiment d'illégitimité et le besoin constant de prouver sa compétence. Finalement, ma principale difficulté a été le manque de confiance en moi, un aspect sur lequel l'exigence de ma thèse et mon projet entrepreneurial m'ont beaucoup aidée à progresser.

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Communication CNRS Ingénierie