© Benjamin Boccas

Alexandre Aubry

Proof of Concept

Après avoir étudié à l'École Supérieure de Physique et Chimie Industrielles de Paris, Alexandre Aubry a obtenu son doctorat à l'Université Pierre et Marie Curie en 2008. Il a effectué un post-doctorat à l'Imperial College de Londres, avant de rejoindre l'Institut Langevin à Paris en tant que chercheur au CNRS en 2012. Depuis lors, Alexandre Aubry développe une approche matricielle du contrôle des ondes à travers des milieux complexes. En 2019, il a obtenu une bourse ERC Consolidator, qui lui a permis de développer une approche universelle de l'imagerie des milieux complexes, avec des applications allant de l'échographie à la sismologie en passant par la microscopie optique. En 2024, il a obtenu une première bourse ERC PoC qui a conduit à la création de la société OWLO, dédiée aux applications de l'imagerie matricielle à la microscopie optique. En 2025, il a reçu le prix Jean Jerphagnon de la Société Française d'Optique. En 2026, il obtient une seconde bourse ERC PoC dédiée à l'imagerie ultrasonore quantitative des tissus mammaires.

PROJET DIONISOS

DIfferential Operator for Non-ionizing Imaging of breast tumors with Speed-Of-Sound
Opérateur différentiel pour l'imagerie non ionisante des tumeurs du sein avec mesure de la vitesse du son

Le cancer du sein est le plus fréquent et la première cause de mortalité chez les femmes dans l’Union européenne. La mammographie, méthode de dépistage de référence, présente des limites importantes : elle est ionisante, inconfortable et moins sensible chez les femmes ayant des seins denses, pourtant plus à risque. L’échographie est une alternative non invasive, mais sa spécificité limitée et sa dépendance à l’opérateur restreignent son usage clinique.

Le projet DIONISOS vise à dépasser ces verrous en combinant imagerie matricielle, apprentissage profond et optimisation numérique pour produire des cartes quantitatives haute résolution de la vitesse du son, de l’atténuation et de la structure fibreuse des tissus, des biomarqueurs corrélés à la densité et à la malignité des lésions. Des résultats préliminaires in vitro et in vivo montrent un gain inédit en termes de résolution et de contraste1 . DIONISOS ambitionne une validation clinique pour ce nouvel outil de dépistage mammaire non invasif et quantitatif.

Imagerie par vitesse du son appliquée à l'échographie mammaire. (A) Configuration expérimentale dans laquelle une sonde ultrasonore est positionnée sur le sein. (B,D,F) Exemple d'images échographiques standards de tissus mammaires. (C,E,G) Cartes de vitesse du son estimées superposées aux images échographiques associées. Alors que les images échographiques révèlent l'architecture des tissus mais restent seulement qualitatives et sujettes à interprétation, les cartes de vitesse du son révèlent la présence de masses  potentiellement tumorales présentant une vitesse du son particulièrement importante  (1585 m/s, flèches blanches)  par rapport aux tissus environnants. Ce type de cartes ouvre des perspectives importantes pour la détection et la caractérisation des lésions mammaires.
© Baptiste Hériard-Dubreuil (Institut Langevin), Foucauld Chamming's (Institut Bergonié)
  • 1B. Hériard Dubreuil et al., "Physics-Based Learning of the Wave Speed Landscape in Complex Media", hal-05453374, 2026

Pour en savoir plus

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