Réinventer la surveillance des structures métalliques : FIBER3D retenu par l’EIC Pathfinder Open

Distinction

Lauréat de l'appel à projets européen EIC Pathfinder Open, « FIBER3D » propose une nouvelle méthode de fabrication intégrant directement des capteurs à fibre optique dans des structures métalliques grâce à des techniques avancées de projection et d’impression 3D. Il est coordonné par Daniel Weisz-Patrault, chercheur du CNRS au sein du Laboratoire de mécanique des solides.

Pour atteindre les objectifs bas carbone, l’Europe peut s’appuyer sur plus de 250 000 km de voies ferrées, 25 000 km de canalisations d’hydrogène, plus de 100 centrales nucléaires dotées de systèmes de tuyauterie complexes, ainsi que sur des technologies émergentes telles que des petits réacteurs modulaires et des moteurs avancés. Cependant, l’utilisation accrue des infrastructures existantes et les exigences de conception strictes des nouvelles technologies rendent indispensable un suivi continu de l’état des matériaux. Or, la plupart des pièces critiques sont fabriquées à partir de métaux à haute résistance et à point de fusion élevé, ce qui empêche l’intégration directe de capteurs par soudage ou moulage.

Le projet FIBER3D, coordonné par Daniel Weisz-Patrault, chargé de recherche au CNRS au sein du Laboratoire de mécanique des solides (LMS, CNRS/École polytechnique) propose une technologie de fabrication révolutionnaire permettant de produire des capteurs pouvant être directement soudés sur des surfaces existantes ou intégrés dans des composants métalliques nouvellement fabriqués. Cette avancée repose sur la combinaison de capteurs à fibre optique — capables de mesurer la température et les déformations sur toute leur longueur — avec des techniques avancées de projection et d’impression 3D.

Le consortium, composé d’experts de renommée mondiale en photonique, chimie, science des matériaux, métallurgie, thermomécanique, mathématiques appliquées et conception mécanique, offre de solides garanties de réussite.

La technologie FIBER3D peut être déployée sur l’ensemble du réseau ferroviaire européen existant, dans les systèmes de transport d’hydrogène et les infrastructures nucléaires, ainsi que dans les pièces imprimées en 3D destinées aux technologies bas carbone. Cette approche unique et transformatrice du suivi de l’état des matériaux améliorera significativement la durabilité, la sécurité et la compétitivité des industries clés, grâce à un diagnostic en temps réel et à une maintenance prédictive permettant de prévenir les défaillances catastrophiques.

FIBER3D révolutionnera ainsi la surveillance de l’état des matériaux dans les systèmes industriels actuels et futurs.

Illustration du fonctionnement du projet FIBER3D.
© Daniel Weisz-Patrault

En savoir plus sur les EIC Pathfinder Open

Les projets EIC Pathfinder financent des recherches amont visant à poser les bases scientifiques et technologiques d’innovations de rupture, jusqu’à la preuve de concept (PoC). Ils soutiennent des collaborations interdisciplinaires ambitieuses, avec un fort potentiel d’impact économique et sociétal en Europe, mais impliquant un niveau de risque élevé qui doit être maîtrisé.

La gestion des résultats et de la propriété intellectuelle est centrale dès le montage du projet, afin d’anticiper l’exploitation future des innovations.

L’appel EIC Pathfinder Open est un appel « blanc », ouvert à toutes les thématiques scientifiques et technologiques, et complète les Pathfinder Challenges, dédiés à des priorités européennes ciblées.

En 2025, sur les 2087 projets soumis, seuls 44 ont été sélectionnés (dont FIBER3D) pour être financés à hauteur de 140 millions d'euros.

Contact

Daniel Weisz-Patrault
Chargé de recherche CNRS au Laboratoire de mécanique des solides (LMS, CNRS/École polytechnique)
Communication CNRS Ingénierie