Anne Cadiou, « ingénieuse » dans la turbulence au service de sujets sociétaux contemporains
Mise en place dans le cadre de l’Année de l’ingénierie et dévoilée le 1er octobre 2025, l’exposition « Ingénieuses, les ambassadrices de l’ingénierie » met en lumière douze portraits de femmes ingénieures, chercheuses ou personnels support. Ces portraits intimes et réalistes dévoilent la richesse des fonctions exercées dans les sciences de l’ingénierie et visent à promouvoir ses métiers notamment auprès des filles. Nous terminons l’année 2025 avec celui d’Anne Cadiou, ingénieure de recherche du CNRS au Laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique. Passionnée par ses recherches, Anne nous partage sa rencontre avec les phénomènes de turbulence.
Pendant ses études d'ingénieur à l’École Centrale de Nantes, Anne Cadiou découvre la mécanique des fluides et la turbulence – des domaines qui, depuis, la passionnent. Elle commence la recherche avec une thèse, suivie de plusieurs post-doctorats, au cours desquels elle forge son intérêt pour les sciences de l'ingénierie. Ce parcours l'amène à rejoindre le CNRS en 2001 comme ingénieure de recherche CNRS au Laboratoire de mécanique des fluides et d'acoustique (LMFA, CNRS/École Centrale de Lyon/INSA Lyon/Université Claude Bernard), où elle exerce toujours, et s’en réjouit encore aujourd'hui : « À la fin de mes études, j'ai choisi de faire de la recherche, pour explorer les connaissances et valider des modèles. Je suis très contente de pouvoir le faire au CNRS. »
Ingénieure cherchant à comprendre les phénomènes de turbulence, Anne Cadiou résout des équations sur des supercalculateurs pour confronter des théories. Les phénomènes turbulents
« sont fascinants et les techniques de calcul évoluent sans cesse ». Son expertise lui permet d’apporter son soutien à de nombreux chercheurs et de découvrir constamment de nouvelles choses. Passionnée par ses recherches, Anne apprécie partager, décrire et expliquer les phénomènes et les techniques sur lesquelles elle travaille. La résolution de ces modèles peut répondre à des enjeux contemporains qui préoccupent les industriels et s'inscrit aussi dans des défis géophysiques, climatiques ou encore astrophysiques ; « L’ingénierie est très loin d’être cloisonnée et trouve des applications hors du laboratoire. »
Les années passées au CNRS lui ont donné l’opportunité de contribuer à des actions transverses et interdisciplinaires, en étant notamment en lien avec différents réseaux métiers. Cela permet à la fois de quitter sa zone de confort et de s'ancrer dans son expertise, tout en sortant de son laboratoire, chose qu’elle encourage toutes et tous à faire au cours d’une carrière. L’expérience « Ingénieuses » a été pour elle l’occasion de rencontrer d’autres profils de femmes travaillant dans les métiers de l’ingénierie, un milieu où elles sont relativement rares. « J’encadre régulièrement des étudiants en mécanique et des stagiaires en informatique, car cela donne encore plus de sens à mon travail d’appui, mais très peu sont des filles. J’aimerais donner envie aux filles de se lancer dans ce domaine ». Pour Anne Cadiou, cela impacte directement le travail collaboratif car « dans un collectif, quand il y a de la mixité, c’est toujours plus efficace. »