Marie-Marthe Groz : les sciences de l’ingénierie, un terrain de jeu infini !
Chercheuse à l’Institut de mécanique et d’ingénierie, Marie-Marthe Groz nous dévoile, à travers ce portrait, sa vision ludique des sciences qu’elle souhaite transmettre au plus grand nombre. Mise en place dans le cadre de l'Année de l'ingénierie, l’exposition « Ingénieuses, les ambassadrices de l'ingénierie » met en lumière douze portraits de femmes ingénieures, chercheuses ou personnels support.
Marie-Marthe Groz est chercheuse CNRS à l’Institut de mécanique et d’ingénierie de Bordeaux (I2M, Arts et métiers/Bordeaux INP/CNRS/Université de Bordeaux). Après un BAC S et une classe préparatoire mathématiques, elle intègre l’INP de Bordeaux et découvre alors la mécanique. Son orientation scientifique a été pour elle naturelle, liée à ses rencontres scolaires et son envie de mieux comprendre et de creuser des sujets scientifiques. Initialement, Marie-Marthe Groz ne pensait pas se diriger vers la recherche : « De mon point de vue, la recherche n’était clairement pas faite pour moi. Je l’associais aux savants fous et aux génies ! ». Pourtant, à l’issue de son école d’ingénieur, elle décide de poursuivre par une thèse. « C’est un peu par hasard, le sujet me plaisait et avait l’air rigolo ». Elle a ensuite travaillé en R&D en entreprise avant de finalement passer le concours du CNRS. « Tout s’est fait au fil de l’eau et des opportunités » nous raconte-t-elle.
Ses sujets de recherche allient aujourd’hui mécanique, thermique et acoustique. Ainsi, elle développe de nouvelles méthodes pour repérer d’éventuels défauts invisibles mais potentiellement critiques dans les matériaux qui composent des structures d’ingénierie comme celles utilisées dans les transports ou l’aérospatial. A plus long terme, elle vise à concevoir des matériaux capables d’adapter leur comportement, en stockant ou dissipant la chaleur pour des applications liées à l’efficacité énergétique des bâtiments ou la protection d’équipements. C’est particulièrement ces aspects très concrets qui l’anime au quotidien « J’aime le côté « qui sert », le côté applicatif, le côté ingénieur ».
Motivée par l’envie de partager ses expériences, sa passion et son quotidien, Marie-Marthe Groz prend régulièrement part à des évènements de vulgarisation scientifique. A travers ces actions, elle vise à montrer à son tour que la science n’est pas une affaire de savants fous et que « si on est curieux, la physique et les maths ne sont vraiment pas compliquées ». Entre speed dating scientifiques et cours particuliers, Marie-Marthe Groz désacralise la recherche et l’image du chercheur pour attirer un public plus large: « La science est un langage universel ». Je veux réellement participer à briser cette barrière psychologique et surtout sociétale qui entoure ce domaine. ».
Quand on lui parle de sa participation à « Ingénieuses », la première chose qu’elle évoque sont les rencontres faites grâce à cette expérience : photographe, personnels de l’institut et participantes. C’est également une opportunité unique de rendre les sciences de l’ingénierie plus visibles. A travers « Ingénieuses », c’est le jeu, la curiosité et l’amusement que procurent les sciences que souhaite mettre en lumière Marie-Marthe Groz. Pour elle, « il est important que personne, fille ou garçon, ne se bride dans son orientation ».