Mathilde Gay, lauréate de la médaille de cristal du CNRS 2026
Ingénieure de recherche, Mathilde Gay travaille à l’Institut Fonctions optiques pour les technologies de l'information (Institut FOTON, CNRS) où elle est responsable de la plateforme PERSYST aux côtés de Laurent Bramerie et Sébastien Lobo. Spécialiste des télécommunications optiques à très haut débit, Mathilde Gay a obtenu en 2026 la médaille de cristal du CNRS.
Après des études à l’INSA de Rennes en physique des semi-conducteurs, Mathilde Gay s’est spécialisée dans le domaine des télécoms. « Happée par la bulle des télécoms de la fin des années 90 », elle a intégré, au début des années 2000, la plateforme PERSYST après un doctorat en photonique . Aujourd’hui, elle y développe des systèmes optiques permettant de transmettre de l’information numérique à plusieurs centaines de milliards de bits par seconde dans la fibre optique tout en essayant de trouver le meilleur compromis débit / consommation énergique. Dans un monde où la fibre optique est présente à toutes les strates de l’infrastructure numérique, la question de la consommation énergétique est centrale dans les recherches de Mathilde Gay : « Le trafic mondial ne cesse d’augmenter. Il a, par exemple, triplé entre 2020 et 2024 ! Avec l’essor de l’intelligence artificielle, c’est une augmentation de 100% par an à laquelle nous allons assister ».
Afin de répondre à ces défis, le rôle de Mathilde Gay, à travers la plateforme PERSYST, est de faciliter les recherches en développant des outils et une expertise qui permettront de concevoir les infrastructures photoniques de demain. « Cela passe par une compréhension et une manipulation de la physique des composants opto-électroniques et photoniques à l’échelle sub-micrométrique, ainsi que par une compréhension des strates supérieures : systèmes de transmission, contraintes utilisateurs, contraintes réseau ». C’est justement ce côté expérimental qui plaît particulièrement à Mathilde Gay : « J’ai découvert pendant mes études que j’avais besoin de comprendre les choses qui m’entouraient et j’ai très vite développé une fibre expérimentale car l’observation permet de mieux appréhender les phénomènes ». Parfois surnommée « magic finger » par ses collègues en raison de sa faculté à faire fonctionner les expériences les plus complexes, Mathilde s’épanouit dans ce métier où la pratique sert à des recherches aussi évolutives que variées.
Les recherches en télécommunication pouvant rapidement devenir obsolète, l’adaptation aux évolutions est au cœur du quotidien de l’ingénieure qui travaille également avec de multiples acteurs et sur des sujets très variés allant de la communication spatiale à la caractérisation d’éléments optiques de lanceurs de fusée ou encore à la détection des microplastiques dans les eaux. « Il faut continuellement se remettre en question et trouver de nouvelles méthodes, expérimenter de nouvelles recherches. C’est ce qui rend mon quotidien passionnant ! ».
À l’annonce de l’obtention de la médaille de Cristal du CNRS, c’est à son équipe qu’a pensé Mathilde Gay : « Bien sûr que cela me fait énormément plaisir mais c’est un travail d’équipe et je souhaite que cette reconnaissance revienne également à mes collègues et au laboratoire car une chercheuse ou une ingénieure n’est pas grand-chose sans son équipe ! ».