Palmarès des inventeurs du Point : 10 lauréats en ingénierie en 2026

Distinction

Chaque année, le journal Le Point distingue les esprits les plus innovants à travers son palmarès des inventeurs. L’édition 2026 met en lumière dix scientifiques et entrepreneurs issus de laboratoires du CNRS. Leurs travaux, entre recherche fondamentale et innovation technologique ouvrent de nouvelles perspectives dans des domaines aussi divers que l'IA, les biotechnologies, le spatial, l'énergie, la médecine, etc.

Pour cette cinquième édition, le jury rassemblé par Le Point a sélectionné les 100 scientifiques français dont les recherches changent notre vie. Parmi eux, 10 lauréats sont rattachés à CNRS Ingénierie.

  • François Ginisty, post-doctorant à l'École polytechnique, Laboratoire de physique des plasmas (LPP, CNRS/École polytechnique/Sorbonne Université).
    Avec Hadrien Mariaccia, ils ont fondé la start-up Augura Space qui sur l’intelligence artificielle et la fusion de données issues de multiples capteurs pour analyser la météo spatiale (vent solaire, particules, activité solaire, ionosphère). Elle développe une plateforme combinant suivi en temps réel et analyses historiques et prédictives, afin d’anticiper les effets des tempêtes solaires sur les satellites, l’aviation et les infrastructures critiques, et ainsi améliorer leur résilience et leur sécurité.
     
  • Marion Négrier, post-doctorante à Mines Paris - PSL, Centre de mise en forme des matériaux (CEMEF, CNRS/Mines Paris - PSL).
    Sa start-up Blendcel s’appuie sur un procédé de recyclage chimique permettant d’extraire la cellulose des déchets textiles (coton, viscose…) et de la transformer en nouveaux matériaux biosourcés. Cette technologie permet de produire des matériaux 100 % recyclés et recyclables, destinés à remplacer des plastiques issus du pétrole, afin de réduire l’impact environnemental de l’industrie textile et développer une économie circulaire.
     
  • Mahshid Hashemkhani, post-doctorante à l'Université Paris Cité, laboratoire Nanomédecine, biologie extracellulaire, intégratome et innovations (NABI, CNRS/INSERM/Université Paris Cité).
    Ses recherches s’appuient sur des nanoparticules multifonctionnelles capables de cibler, visualiser et traiter les tumeurs. Cette approche combine délivrance localisée de chimiothérapie, imagerie en temps réel et hyperthermie (traitement par la chaleur), afin d’améliorer l’efficacité des traitements du cancer du côlon tout en limitant les effets secondaires.
     
  • Jean-Jacques Greffet, professeur émérite de l'Institut d'Optique Graduate School, Laboratoire Charles Fabry (LCF, CNRS/Institut d'Optique Graduate School).
    Sa start-up UNVEIL développe une technologie d’analyse optique sans marquage permettant de caractériser rapidement des nanoparticules utilisées dans les biomédicaments (taille, concentration, contenu). Son instrument offre des mesures plus rapides et fiables que les méthodes traditionnelles, afin d’accélérer le développement et le contrôle qualité de nouveaux traitements.
     
  • Rémy Braive, maître de conférences à l'Université Paris Cité, Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N, CNRS/Université Paris-Saclay).
    Avec Giuseppe Modica et Alexis Jonville, ils ont fondé la start-up LumiSync. Ils utilisent la photonique intégrée pour développer des circuits capables de synchroniser et traiter les données à très haute vitesse. Leur start-up a breveté le premier oscillateur 100 % photonique, un composant clé des systèmes électroniques, permettant une synchronisation des données jusqu’à 1000 fois plus rapide et beaucoup moins énergivore que les technologies actuelles. Cette innovation vise à améliorer les performances et réduire la consommation énergétique des infrastructures numériques (data centers, télécoms 5G/6G, etc.).
     
  • Anthony Novell, directeur de recherche CNRS au Laboratoire d'Imagerie biomédicale multimodale Paris-Saclay (BioMaps, CEA/CNRS/INSERM/Université Paris-Saclay).
    Avec Benoît Larrat, ils ont fondé la start-up TheraSonic. Ils utilisent des ultrasons focalisés, une technologie permettant d’ouvrir temporairement la barrière hémato-encéphalique (qui protège le cerveau) afin de faciliter l’accès des médicaments à leurs cibles. Ils développent un dispositif médical non invasif, combinant robotique et microbulles, pour améliorer l’efficacité des traitements des maladies neurologiques, notamment les cancers du cerveau.
     
  • Jean-François Aubry, directeur de recherche CNRS au laboratoire Physique pour la médecine (PhysMed Paris, CNRS/ESPCI Paris - PSL/INSERM).
    Avec Thomas Tiennot, Jérémy Bercoff et Philippe Chapuis, ils ont fondé la start-up Sonomind. Leur start-up s’appuie sur les ultrasons focalisés de faible intensité pour moduler l’activité cérébrale de manière non invasive. Cette technologie de neuromodulation transcrânienne permet de cibler avec précision des zones profondes du cerveau impliquées dans des troubles comme la dépression résistante, grâce à un système personnalisé (méta-lentille acoustique adaptée à chaque patient). La start-up développe ainsi un dispositif médical visant à proposer une alternative rapide, ciblée et sans chirurgie aux traitements classiques des maladies neurologiques et psychiatriques.
     
  • Maïmouna Bocoum, chargée de recherche CNRS à l'Institut Langevin (CNRS/ESPCI Paris - PSL).
    Ses recherches s'appuient sur des techniques d’imagerie acousto-optique combinant lumière et ultrasons pour explorer les tissus biologiques en profondeur, au-delà des limites classiques de pénétration optique. En mobilisant également des capteurs quantiques atomiques, ses travaux ouvrent la voie à de nouvelles modalités d’imagerie magnétique, avec des applications prometteuses pour la détection précoce du cancer du sein.
     
  • Riadh Issaoui, maître de conférences à l'Université Sorbonne Paris Nord, Laboratoire des sciences des procédés et des matériaux (LSPM, CNRS).
    Cofondateur de la start-up HiQuTe Diamond, il travaille sur le dépôt chimique en phase vapeur (CVD), une technologie de fabrication de diamants synthétiques permettant de produire des matériaux aux propriétés physiques exceptionnelles (conductivité thermique, résistance, propriétés quantiques). Il développe et industrialise des plaques de diamant d’ultra-haute qualité, avec un contrôle précis de leur composition (dopage), afin de dépasser les limites des matériaux classiques comme le silicium. Ces diamants sont destinés à des applications de pointe comme le calcul quantique, l’électronique de puissance et les capteurs nouvelle génération.

Mais aussi...

  • Shane Mansfield, directeur de la recherche pour la start-up Quandela. Fondée à partir de travaux menés au Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N, CNRS/Université Paris-Saclay), cette start-up s’appuie sur la photonique quantique, en utilisant des photons pour réaliser des calculs quantiques. Elle développe des ordinateurs et processeurs quantiques basés sur des sources de lumière quantique, afin de proposer des capacités de calcul avancées pour des applications industrielles, y compris l'énergie, la cybersécurité et la finance.

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Communication CNRS Ingénierie