Portrait de Stefania Oliveri, « ingénieuse » entre technologie et recherche
Mise en place dans le cadre de l'Année de l'ingénierie, l’exposition « Ingénieuses, les ambassadrices de l'ingénierie » met en lumière douze portraits de femmes ingénieures, chercheuses ou personnels support. Ces portraits intimes et réalistes dévoilent la richesse des fonctions exercées dans les sciences de l’ingénierie et visent à promouvoir ses métiers notamment auprès des filles. Nous débutons l’année 2026 avec le portrait de Stefania Oliveri. Ingénieure de recherche, responsable de la ressource "dépôts de couches minces/traitements thermiques" de la plateforme technologique MIMENTO de l’Institut FEMTO-ST, elle nous raconte son parcours et son travail à CNRS Ingénierie.
Stefania Oliveri est arrivée en France, à l’Institut Franche-Comté électronique mécanique thermique et optique – sciences et technologies (FEMTO-ST, CNRS/Supmicrotech ENSMM/Université Marie et Louis Pasteur/Université technologique Belfort-Montbeliard), en 2014 pour un doctorat, après un master de chimie des matériaux, avec une thèse portant sur les dépôts de couches minces de niobate de lithium pour les dispositifs acoustiques et optiques intégrés. Son intérêt pour les sciences s’est accru au fil des ans notamment grâce à une professeure de lycée et de Ivan, son frère, qui est aujourd’hui professeur de chimie à l’université de Catane. C’est lors de son doctorat, au gré de rencontres et de conversations, qu’elle découvre le travail en salle blanche qu’elle considère comme une révélation : « En observant les membres du staff de la salle blanche, je me disais souvent que j’aimerais, moi aussi, être ingénieure en salle blanche et faire l’interface entre la technologie et la recherche ».
Sa curiosité de vouloir comprendre le monde qui l’entoure l’a d’abord amené à s’orienter vers la chimie. Par la suite, c’est la possibilité de pouvoir appliquer concrètement tout ce qu’elle apprenait – « Ce n’était pas uniquement des formules écrites, je pouvais appliquer mes études à la technologie » – qui l’a convaincu de poursuivre dans la voie de la recherche, dans laquelle elle s’épanouit depuis. Sa qualité d’ingénieure de recherche lui confère la charge de la ressource des dépôts en couches minces et traitements thermiques de la plateforme technologique MIMENTO de l’Institut FEMTO-ST composée par 11 équipements utilisés par plus de 60 personnes – autant étudiants que chercheurs et ingénieurs. « L’Institut FEMTO-ST avec sa plateforme technologique MIMENTO fait partie des cinq plateformes du réseau académique français Renatech piloté par le CNRS. Ce réseau a comme vocation de grouper et coordonner des équipements de pointe et les infrastructures dans le domaine des micro et nanotechnologies ». Ses missions lui demandent à la fois de la technicité pour garantir les équipements à l’état de l’art avec des procédés de référence calibrés et pour développer des nouveaux procédés.
La veille technologique est une des missions importantes pour proposer de nouvelles technologies afin de répondre aux besoins des chercheuses et des chercheurs sur les dépôts dans différents domaines de la micro et nanotechnologies (optique, acoustique, énergie, robotique, biotechnologie, santé, énergie, etc.). Pour finir, ses missions demandent aussi de la pédagogie pour former et permettre à chacune et chacun d’accéder en toute sécurité aux machines de la plateforme. Son travail lui permet de relever constamment de nouveaux défis techniques, technologiques et scientifiques : « Je me sens particulièrement heureuse de travailler pour le CNRS, pour la confiance que m’a été donnée : mettre à disposition des chercheuses et des chercheurs mon savoir-faire et de me grandir comme ingénieure ». Avoir intégré une équipe travaillant en salle blanche représente une réelle fierté à ses yeux car « quand j’ai découvert la salle blanche, j’ai adoré y travailler ! Mes modèles d’antan sont aujourd’hui mes collègues ».
Passionnée par ses recherches et par la possibilité qu’elle a d’appliquer technologiquement tout ce qu’elle a appris par le passé, elle aime partager ses expériences et son métier avec des élèves de 3e. C’est également cette soif d’apprendre qui l’a amené à intégrer l’expérience « Ingénieuses » – une opportunité qui est « aussi une belle occasion d’échanger avec d’autres femmes passionnées et de valoriser notre travail au quotidien dans la recherche ».
Pour aller plus loin
Découvrez le portrait de Stefania Oliveri en vidéo :
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