Qianwen Tan, lauréate 2026 du Prix Jeunes Talents France L'Oréal-UNESCO Pour Les Femmes et la Science

Distinction

Pour cette 20e édition du prix Jeunes Talents France 2026 Pour les femmes et la science, la Fondation L'Oréal, en partenariat avec l'Académie des sciences et la Commission nationale française pour l'Unesco, a récompensé trente-cinq jeunes scientifiques, dont Qianwen Tan, doctorante au Laboratoire des sciences de l'ingénieur, de l'informatique et de l'imagerie (ICube).

Qianwen Tan a grandi à Qinzhou, dans le sud de la Chine. Après un échec au concours d'entrée de l'université de ses rêves et deux années de doute, l'encouragement d'un professeur relance son parcours : elle est recommandée pour un master dans l'une des meilleures universités chinoises. Elle prépare aujourd'hui une thèse à Strasbourg, sur une question concrète : comment garder les bâtiments frais l'été sans trop de climatisation. Elle conçoit des façades capables de stocker la chaleur des canicules, et rêve d'enseigner à l'université. Elle mène aujourd'hui ses recherches au sein du Laboratoire des sciences de l'ingénieur, de l'informatique et de l'imagerie (ICube, CNRS/Univ. de Strasbourg).

Quels sont les enjeux de vos recherches et leurs applications ?

Mon travail répond à une question simple : comment rendre les bâtiments moins chauds en été, sans abuser de la climatisation ? J'étudie des façades qui laissent circuler l'air et contiennent un matériau à changement de phase (MCP) capable de stocker et de restituer la chaleur. On peut l'imaginer comme une éponge qui absorbe la chaleur aux heures les plus chaudes, au lieu de la laisser entrer. Ce matériau existe déjà, par exemple dans un immeuble de bureaux primé à Metz. Le défi est d'en réduire le coût.

Les femmes universitaires que j’ai eu la chance de rencontrer ont été de précieux guides sur mon chemin, éclairant mes pas et nourrissant mon courage.
Qianwen Tan

Pourquoi avez-vous choisi une carrière scientifique ?

J'ai choisi cette voie pour deux raisons. Enfant, je voulais devenir enseignante : j'aimais partager des connaissances et aider les autres. Puis, pendant mon master, j'ai découvert la recherche, et compris qu'elle permet de poser de nouvelles questions et de résoudre des problèmes concrets. J'aimerais travailler à l'université, pour enseigner et chercher. Un déclic a compté : après un échec au concours d'entrée, un professeur m'a dit que j'étais capable d'aller plus loin. Ses paroles m'ont réveillée.

Dans votre parcours, avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme ?

Je ne dirais pas avoir rencontré de difficulté exceptionnelle. Ce qui me préoccupe aujourd'hui, c'est l'équilibre entre la carrière et la vie personnelle, notamment la maternité : après le doctorat, il faut publier, chercher un poste, et le moment d'avoir un enfant devient délicat. J'ai entendu un homme dire qu'il n'aimait pas recruter d'étudiantes, les jugeant moins aptes. Ces stéréotypes m'ont choquée, mais ils renforcent ma volonté de prouver, par mon travail, que les femmes ont toute leur place dans la science.

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