Quatre prix de l'Académie des Sciences décernés à des scientifiques en ingénierie

Distinction

L’Académie des sciences remet chaque année des prix couvrant l’ensemble des domaines scientifiques, aussi bien fondamentaux qu’appliqués. Ces récompenses honorent des scientifiques d’expérience ou soutiennent de jeunes chercheurs en début de carrière. Cette année, quatre scientifiques en ingénierie sont distingués par ces prix prestigieux.

  • Paola Cinnella, lauréate du prix « ONERA – Sciences mécaniques pour l’aéronautique et l’aérospatial »

Professeure des universités à l'Université Sorbonne Nouvelle, Institut Jean le Rond d'Alembert (∂'Alembert, CNRS/Sorbonne Université)

À l’interface entre simulation numérique et intelligence artificielle, les recherches de Paola Cinnella portent sur la modélisation et le calcul haute-fidélité des écoulements compressibles et turbulents, notamment dans les domaines de l’aéronautique et de l’ingénierie. Elle travaille également sur la quantification des incertitudes et sur l’apprentissage scientifique guidé par la physique, afin de développer des modèles numériques plus précis, fiables et efficaces.

Prix « ONERA – Sciences mécaniques pour l’aéronautique et l’aérospatial »

Grand prix annuel de 15 000 euros, créé en 2017 et destiné à récompenser l’autrice ou l’auteur de toute nationalité (ou les autrices ou auteurs, dans le cas d’une équipe) de recherches conduites dans un laboratoire français pour des travaux remarquables avec des applications effectives au domaine aéronautique et/ou aérospatial, en mécanique (théorique, numérique ou expérimentale) ou en mathématiques appliquées, calcul scientifique, traitement des données appliquées à la mécanique...). Le prix sera attribué alternativement dans le domaine de la mécanique des fluides (aérodynamique et énergétique) (en 2026 et 2028) et dans le domaine de la mécanique des matériaux et des structures (en 2027 et 2029).

  • Sylvie Lorthois, lauréate du prix Jaffé – Fondation de l’Institut de France

Directrice de recherche CNRS à l'Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT, CNRS/Toulouse INP/Université de Toulouse)

Sylvie Lorthois étudie la microcirculation sanguine du cerveau, c’est-à-dire le fonctionnement du réseau de très petits vaisseaux qui irriguent les neurones. Elle cherche à comprendre comment les altérations de ce réseau, liées notamment au vieillissement ou à certaines maladies vasculaires, perturbent l’apport en oxygène aux différentes régions du cerveau. Ses travaux visent ainsi à mieux comprendre le rôle de ces perturbations dans l’apparition et le développement des maladies neurodégénératives.

Prix Jaffé – Fondation de l’Institut de France

Les arrérages de cette fondation, créée en 1930, sont employés à donner un prix de 6 850 euros, couronnant des expériences dans le domaine des sciences mécaniques et informatiques destinées au progrès et au bien-être de l’humanité.

  • Mathieu Pernot, lauréat du Prix Clément Codron

Directeur de recherche Inserm à l'Institut Physique pour la médecine (PhysMed Paris, CNRS/ESPCI Paris - PSL/Inserm)

Mathieu Pernot invente des technologies ultrasonores pour mieux comprendre, diagnostiquer et soigner les maladies cardiovasculaires. Ses travaux portent notamment sur l’échographie ultrarapide, la palpation du cœur à distance, la microscopie ultrasonore et les ultrasons thérapeutiques. Auteur de nombreuses publications et inventeur de plusieurs familles de brevets, il a aussi cofondé les sociétés Cardiawave, Iconeus et eMyosound. Ses recherches contribuent ainsi à rapprocher les avancées de l’imagerie ultrasonore des applications cliniques.

Prix Clément Codron

Prix annuel de 20 000 euros, créé en 2002, récompensant toute chercheuse ou tout chercheur français ou francophone, ou si les recherches le justifient, toute chercheuse ou tout chercheur, de quelque nationalité qu’il soit, ayant effectué un travail remarquable dans le domaine des sciences appliquées à la technologie.

  • Pauline Simon, lauréate du prix Madeleine Lecoq

Maîtresse de conférences à Sorbonne Université, Laboratoire de physique des plasmas (LPP, CNRS/École polytechnique/Sorbonne Université)

Pauline Simon étudie la turbulence dans les plasmas de l’héliosphère, c’est-à-dire dans l’environnement spatial dominé par le vent solaire. Elle a notamment proposé une description du taux de chauffage turbulent de ces plasmas, peu collisionels et magnétisés, prenant en compte l’anisotropie de pression. Ses recherches combinent approches théoriques et analyses de données issues de simulations numériques et d’observations satellites.

Prix Madeleine Lecoq

Prix annuel de 3 000 euros, créé en 1998 et destiné à une femme venant de soutenir sa thèse et obligatoirement inscrite dans un laboratoire propre ou associé du CNRS ou de l’INSERM. Convention sera passée avec la Société de physique qui désignera deux candidates. La commission de prix thématiques choisira la lauréate. Ce prix sera attribué par la section de physique en 2026.

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Communication CNRS Ingénierie