Zoom sur l’IRN Maxwell
L’IRN Maxwell réunit aujourd’hui des équipes françaises et brésiliennes d’excellence pour répondre aux nouveaux défis posés par la complexité croissante des systèmes électriques. Alors que la transition énergétique exige des méthodes de modélisation plus ouvertes, plus puissantes et mieux adaptées aux besoins réels des ingénieurs, les outils actuellement disponibles restent souvent insuffisants. Cet IRN s’inscrit précisément dans cette dynamique : il fédère des compétences complémentaires pour développer des approches avancées d’analyse, de conception et d’optimisation des dispositifs électromagnétiques et des systèmes d’énergie.
Les équipes brésiliennes de l’IRN Maxwell figurent parmi les meilleures au niveau international. Leur dynamisme s’appuie sur deux décennies d’investissements soutenus, notamment à travers de nombreux programmes de mobilité, et le génie électrique au Brésil attire aujourd’hui certains des meilleurs étudiants du pays. Cette excellence crée un terrain d’échanges particulièrement fécond : les équipes françaises de l’IRN bénéficient de collaborations avec de jeunes chercheurs très bien formés et motivés, tandis que les équipes brésiliennes trouvent en France des partenaires de haut niveau avec lesquels approfondir et élargir leurs travaux.
Un partenariat scientifique franco-brésilien d’excellence en génie électrique
La collaboration scientifique entre la France et le Brésil dans le domaine du génie électrique connaît une nouvelle impulsion avec la création de l’IRN Maxwell. Ce réseau prolonge un partenariat ancien : dès 2009, les laboratoires Ampère et G2Elab, avec trois universités brésiliennes (USP, UFMG, UFSC), avaient fondé le LIA “James Clerk Maxwell”, un laboratoire international associé du CNRS. Pendant douze ans, ce LIA a permis de structurer des échanges réguliers, de former de jeunes chercheurs et d’élargir les thématiques communes, passant de la modélisation des composants électromagnétiques à celle des systèmes d’énergie électrique.
Interrompu en 2020 à la suite de la crise sanitaire, ce dispositif a laissé une base solide de collaborations et une dynamique scientifique que l’IRN Maxwell vient aujourd’hui relancer et élargir. Le nouveau réseau associe désormais quatre laboratoires français du génie électrique (G2Elab, Ampère, GeePs, Laplace) et quatre universités brésiliennes (USP, UFMG, UFSC, CEFET-MG). Il vise à développer des méthodes avancées pour analyser, modéliser et optimiser les systèmes d’énergie électrique, un enjeu renforcé par la transition énergétique.
© Bureau de São Paulo
L’IRN encouragera les thèses en partenariat, les séjours croisés et les projets conjoints. Plus qu’une nouvelle structure, il représente la continuité d’une histoire scientifique partagée et l’engagement commun de maintenir un espace d’échanges et d’innovation au service de la communauté franco-brésilienne du génie électrique.
Focus sur les phénomènes de couplage magnéto-mécanique
Un des axes de la collaboration franco-brésilienne concerne l’étude de l’effet des contraintes sur le comportement magnétique. Les travaux visent notamment à permettre le développement de systèmes de conversion d’énergie capables de fonctionner sous des sollicitations mécaniques intenses, en évitant les risques de surdimensionnement. Une première thèse en co-tutelle entre l’UFSC et l’Université Paris-Saclay a permis de développer de nouveaux modèles d’hystérésis magnéto-mécanique (Luiz da Silva, 2024). La collaboration se poursuit avec le développement d’outils d’optimisation topologique incluant les effets magnéto-mécaniques. L’objectif à terme est de permettre l’émergence de nouvelles structures d’actionneurs, plus robustes aux effet magnéto-mécaniques.
Article issu de la newsletter du Bureau du CNRS en Amérique du Sud.